mardi 19 juin 2018

Les chats d'Istanbul

Étalés
Sur des marches tièdes
À boire aux robinets 
Ou bien à paresser
Dans des paniers d’échoppes
Les matous se foutaient
Comme de leur première souris
De nos engueulades monstres
Je pouvais bien 
La balancer
Dans les eaux du Bosphore
La pousser du sommet
De la Mosquée Bleue
Elle 
Me laisser croupir au fin fond
De la Citerne Basilique
Ou encore me semer
Dans les allées criardes
Du bazar aux épices
Les chats d’Istanbul
De feu Constantinople
Et 
De Byzance avant
En avaient vu d’autres        
Et ils en verraient d’autres
Perdre la tête de s’aimer mal
Laissant
Un peu de leur peau
De leur sang
De leur âme
Entre les murs de leur royaume
Avant de repartir
Seuls par le premier vol.