mardi 28 janvier 2014

L’endormie

Pleine nuit
Dans l’appartement muet
Quand éclate un bruit
De duvet
Tirée manu militari
Par un inconscient aux aguets
De ses rêveries
D’époux Disney
La trahie
D’un trait
Se raidit
Tâte d’une main mécanique la taie
D’oreiller mollement rebondi
De son suspect
De mari
Habituée à ce linge trop frais
L’amorphe cocue se saisit
De son portable de chevet
Et d’une touche-raccourci
Appelle une ligne qui elle le sait
La mettra sur messagerie
Façon cadet
De ses soucis
Elle marmonne quelques mots inquiets
Puis corps blotti
Dans un douillet
Déni
Elle se rendort sans délais
Revêtue d’œillères hors de prix.